La terminal fantasma...

Spain is a weird country (Catalonia too, sometimes...). An airport was opened two years ago in the city of Ciudad Real, some 200 km south of Madrid. The airport offers a handful of flights per week (literally a handful), and was an economical disaster even before it was opened...

No fa gaire, la Kika em va fer arribar un mail, que li agraeixo, sobre un article publicat a finals de juny per Jean-Jacques Bozonnet a Le Monde. Amb el títol Ciudad Real, terminal fantôme, l'escrit explica les desventures de l'aeroport d'aquesta ciutat castellana, la primera instal.lació aeroportuària privada de l'estat espanyol.

Primera... i última, segurament, veient com han anat les coses. Quan només fa 18 mesos que va ser innaugurat, el Central Ciudad Real ha necessitat una injecció extra de 140M€ (públics) per mirar de salvar-lo. La Caixa d'Estalvis de Castella-La Manxa (CCM), per la seva banda, que n'havia finançat bona part de la construcció, va haver de ser rescatada pel Banc d'Espanya, quan era a punt de fer fallida, el març de 2009. Avui dia, la CCM ja no existeix.
L'aeroport, amb unes instal.lacions que pa qué (té una de les pistes més llargues d'Europa i està preparat per rebre 2,5M de passatgers per any) estava destinat a ser un desastre econòmic. Tant cantava la cosa que ja se'l van intentar vendre... fins i tot abans que entrés en funcionament. No l'hi van trobar comprador. Tot i les previsions, la intenció era que l'AVE que enllaça el sud d'Espanya amb la seva capital, hi tingués parada. El projecte està aturat, esclar.

L'aeroport ofereix actualment una sola ruta, internacional: Ciudad Real-Londres (i tornada, això sí que ho té), amb tres vols a la setmana. Segons el web de Vueling, a partir del novembre també hi haurà algun vol a París, via Barcelona. 19.000 passatgers n'havien utilitzat les instal.lacions entre gener i juny. Malgrat l'aspecte que tenia l'invent, tant l'últim govern d'Aznar com el primer de Zapatero van declarar aquesta instal.lació d'"interès general"...

Un altre dia parlaré de la planificació dels AVE, que no té menys tela que aquest aeroport castellà. Ara, que de tela marinera també en tenim en el nostre petit país, on quatre aeroports competeixen per acollir vols internacionals; en posem un a cada comarca? au, perque no sigui dit.


Per cert, si algú té interés a fer-li una ullada, clicant aquí accedireu al Pla Director de l'aeroport, signat per la insigne Magdalena Alvarez, exministra de la cosa.


LeMonde.fr

Ciudad Real, terminal fantôme
Article paru dans l'édition du 27.06.10
Flambant neuf, le premier aéroport privé d'Espagne, construit pour recevoir 2,5 millions de passagers par an, agonise au rythme d'un vol par jour

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ermin et Carmen Delgado peuvent dormir tranquilles. La sieste de ces deux octogénaires ne sera pas troublée par le vrombissement des avions. Leur village, Villar del Pozo, est pourtant situé à 400 mètres à vol d'oiseau de l'aéroport international de Ciudad Real, dans la région de Castille-La Manche. Comme tous les riverains, ils en redoutaient les nuisances sonores : « Un peu plus, ils nous faisaient la piste au milieu de la place », pestait le couple à la veille de l'inauguration, en décembre 2008.

Les maires des trois communes les plus proches avaient même négocié des indemnités avec le propriétaire de ce premier aéroport privé d'Espagne, destiné à devenir, à moins de cinquante minutes de Madrid par le TGV, la seconde plateforme de la capitale consacrée au prometteur trafic des compagnies aériennes à bas coût.

L'imposante aérogare, posée au bord d'une piste de 4 kilomètres - l'une des plus longues d'Europe, capable d'accueillir des Airbus A380 -, est dimensionnée pour recevoir 2,5 millions de passagers à l'année. Lors de l'ouverture, c'était l'objectif affiché pour fin 2011. Aucun risque de saturation, assuraient les promoteurs du projet, puisque les 1 234 hectares autorisent une extension quasi infinie avec, notamment, la possibilité d'ouvrir deux autres terminaux identiques. Dans les années 1990, lorsque est née l'idée de cette infrastructure, l'Espagne voyait les choses en grand et l'avenir en rose.

Aujourd'hui, un silence de cathédrale règne dans l'immense hall des départs, où l'alignement des 24 postes d'enregistrement est totalement désert. Ce matin-là, au tableau lumineux du hall des départs, un seul vol est affiché : Londres, 20 h 30. La journée sera longue.

Au comptoir de La Barrila, le barman est aux petits soins pour ses clients, qu'il appelle par leur prénom. Ce sont quelques-uns des 91 employés de l'aéroport et des 200 collaborateurs des entreprises présentes sur le site. Parfois, des passagers rompent sa routine. Les jours où il y a un vol, c'est-à-dire les mardis, vendredis et dimanches, il sert « jusqu'à 500 cafés ».

Loin des 750 000 passagers attendus la première année, Ciudad Real Central a comptabilisé 53 557 voyageurs en 2009. La fréquentation s'est effondrée en 2010. La compagnie Air Berlin a plié bagages fin mai. Restée seule, Ryanair a failli en faire autant début juin, lorsque le tribunal de commerce a placé la société gestionnaire de l'aéroport en liquidation judiciaire. Une subvention publique a convaincu in extremis la compagnie irlandaise de maintenir ses trois vols hebdomadaires, et d'entretenir, par la même occasion, un filet de vie dans cet aéroport moribond bien que flambant neuf.

Avec ses 75 000 habitants, Ciudad Real avait-elle besoin d'un tel équipement, qui a nécessité un investissement de 500 millions d'euros ? La ville, essentiellement administrative et résidentielle, somnole doucement sous le soleil de Castille-La Manche.

Un aérodrome plus modeste aurait suffi pour recevoir la noria d'avions privés qui, à la saison de la chasse, fait converger de toute l'Espagne, voire d'Europe, les plus fines gâchettes vers les propriétés giboyeuses de la région.

Quand la chambre de commerce locale, la députation et la mairie de Ciudad Real ont esquissé le projet, il était question d'un aéroport essentiellement consacré au fret, les grands espaces déserts de la Castille, au centre du pays, permettant d'établir une gigantesque plate-forme logistique à la croisée des principaux axes ferroviaires et autoroutes. Les années de croissance espagnole étaient en route, le crédit facile. Dans l'euphorie, personne n'a contesté la modification du projet de départ vers une infrastructure consacrée au voyage aérien bon marché, qui devait désengorger l'aéroport madrilène de Barajas.

L'aéroport Central, qui rêvait de devenir « Madrid Sud », imaginait son destin comme celui de Gérone, deuxième aéroport de Barcelone. Mais, à force de retards bureaucratiques et d'embûches politiques, « il a ouvert au plus mauvais moment, au terme d'un processus tortueux », regrette Francisco Canizares, l'adjoint à l'urbanisme de Ciudad Real.

La société propriétaire, CR Aeropuertos, a accumulé 290 millions de dettes. La Caisse d'épargne de Castille-La Manche (CCM), qui a financé l'opération à 40 %, a été placée en 2009 sous tutelle de la Banque d'Espagne après avoir frôlé la banqueroute. Le fiasco d'un tel équipement privé était-il évitable dans un pays où les aéroports à l'équilibre se comptent sur les doigts d'une main ?

Après la nomination d'administrateurs judiciaires, le président socialiste de Castille-La Manche, José Maria Barreda, a rappelé le soutien de la région « quels que soient les interlocuteurs ». Une société publique, créée en catastrophe pour « promouvoir et contribuer à la viabilité des infrastructures aéroportuaires de Castille-La Manche », a mis 140 millions d'euros à disposition de l'équipement privé, dont les coûts fixes continuent de grever le résultat : « Il serait dommage de laisser pousser l'herbe sur la piste », a assuré M. Barreda, pour qui l'infrastructure est « génératrice de richesse et d'emplois » et demeure « un facteur dynamisant de l'économie locale qui en a bien besoin ».

L'aéroport fantôme sera un enjeu des élections régionales prévues en mai 2001. Dans cette communauté autonome gouvernée historiquement par les socialistes, le Parti populaire (PP, droite) est donné favori. « Le PP estime qu'il faut faire cesser l'hypocrisie consistant à financer un équipement privé par de l'argent public », affirme Francisco Canizares, en rappelant que ni CCM ni CR Aeropuertos ne sont plus en mesure de faire face à leurs obligations. L'argent injecté par la région est, aux yeux des conservateurs, un pis-aller « en attendant qu'un repreneur miracle se manifeste ». Or les rumeurs menant à un groupe du golfe Persique puis à un fonds de pension américain se sont évanouies.

Le PP prône l'expropriation pure et simple, puis la mise en concession de cet équipement devenu public à une société spécialisée. « Si le monde ne s'écroule pas, l'aéroport a forcément un avenir », veut croire un représentant du Reino de Don Quijote (le Royaume de Don Quichotte). Cette entreprise promeut depuis le début des années 2000 un projet de « complexe résidentiel, de loisirs et d'affaires », à 16 kilomètres au sud de l'aéroport. Sur 400 hectares, le projet est colossal, puisque 4 000 chambres d'hôtel, un casino, plusieurs parcours de golf, un centre commercial et de congrès, une salle de spectacles et quelque 9 000 logements sont censés attirer à terme quelque deux millions de visiteurs à l'année et doubler la population de Ciudad Real. Plus de 160 millions d'euros ont déjà été dépensés en études et infrastructures. L'investissement final flirterait avec les 6 milliards d'euros.

Les promoteurs reconnaissent toutefois que le Royaume de Don Quichotte restera un mirage, sans un aéroport international à proximité. Celui de Ciudad Real n'avait pas pu prendre le nom du héros de Cervantès. Bien que baptisé officiellement Central, une grande stèle en acier placée à l'entrée de l'aérogare souhaite pourtant la bienvenue à l'« aéroport Don Quichotte ».

Au pays de l'ingénieux hidalgo, on ne renonce pas si vite à ses chimères.

Jean-Jacques Bozonnet

17 comentaris:

Albert B. i R. ha dit...

És l'exemple més clar del ridícul i anti-econòmic molde radial espanyol amb centre a Madrid. Tothom sabia que aquest aeroport era una ruïna. Però el van fer. En canvi, l'imprescindible eix mediterrani, encara per començar.

Lluïsa ha dit...

Em sona haver rebut un powerpoint amb imatges d'aquest aeroport; espais enormes sense ni una ànima.

Realment vergonyós i més tenint en compte que hi ha altres infraestructures molt més necessàries, com una bona xarxa ferroviària que arribi als pirineus i comuniqui amb Europa, en lloc de fer passar les mercaderies per les carreteres.

Joan ha dit...

Va, tothom tranquil que això ho paguen els catalans i així els podem deixar a ells sense infraestructures bàsiques. Si és que sou uns rondinaires, caram. Que no, que no és inútil del tot, que serveix de mal exemple.

Carme ha dit...

ferran, el primer que m'ha vingut al cap, ja sé que deu ser com una mena de sacrilegi per a un periodista com tu, però t'ho diré igualment, ja que després acabo llegint fins al final :)

"Hi ha coses que m'estimo més no saber, de la ràbia que fan!" :)

Després ja penso que no, que sempre és millor saber-ho que no pas quedar-te en la ignorància.

Candela ha dit...

:O tela marinera!!!

Miquel Saumell ha dit...

Ferran,
Coneixia l’article, resulta absolutament decebedor. Però ara se m’acut allò de la palla i la biga, perquè aquí també en sabem fer de disbarats, i el paral·lelisme entre l’aeroport de C.Real amb el recentment inaugurat aeroport de Lleida seria un bon tema pel proper article de Le Monde. De fet quasi que serviria el mateix article canviant uns pocs detalls.

McAbeu ha dit...

Un altre exemple dels milions i milions que s'han arribat a LLENÇAR, perquè no es pot dir de cap altra manera. Projectes inútils i deficitaris abans de començar però això si "de interés general". És com al circ: Increïble però cert! :-P

I si un dia parles de l'AVE, no t'oblidis de l'estació de Tarragona que és a 20 minuts en cotxe de Tarragona. Una manera una mica estranya de facilitar l'ús del transport públic, no?

Clidice ha dit...

són genials els polítics amb els calers dels altres, per no començar l'enfilall de coses gruixudes :(

jmcc ha dit...

De acuerdo contigo. Esto es cómo todo, alguien se habrá forrado en obras y comisiones y luego el desastre económico se socializa. Eso sí, en este caso el problema no tiene nada que ver con redes radiales, ni con nada de eso (sólo tiene que ver con la cultura del pelotazo)y con el simple hecho de que no cabe un aeropuerto de ese tamaño al lado de Barajas y a casi 100km de Madrid sin que haya ningún otro núcleo de población del tamaño necesario para darle servicio.
Aeropuertos, universidades, teles autonómicas, circuitos de velocidad (5 en España, olé)... Son ejemplos de horrible asignación de los recursos. Ni más ni menos.

kika ha dit...

de totes maneres, tenint com tenim l'aeroport de lleida tampoc podem dir gaire cosa ara ... excepte qeu diuen que allí hi volen fer un centre comercial, perquè s'animi una mica i faci servei d'alguna cosa!

Laprí | David ha dit...

Aquest aeroport el conec jo des que el projecte estava en bolquers pràcticament. Coneixent com conec els àrids camps de Castella, demogràficament deserts, no era difícil endevinar el futur que li esperava. I encara volien posar estació de l'Ave.

Estaré expectant per quan escriguis sobre la planificació dels Ave. Segurament coincidirà amb el meu punt de vista.

zel ha dit...

Jo en vull una al meu poble, coi, som quatre-cents, bé algú pots anar i tornar de Londres, no?


Petons, guapo!

nur ha dit...

Com que no sé on posar-ho, ho poso aquí: preciós l'escrit de la Matty, eh? Molt, molt bonic, vellet :) Mil petons! :*

Asimetrich ha dit...

Mentre siguin empreses privades, que posin un aeroport a cada sortida de l'autopista si volen. Ara, si fa fallida, fa fallida. I punt. Els diners públics, darrerament, no fan més que anar a les mans de 4 llestos que diuen estar en fallida. Quina ràbia.

(PD: continuo pels puestos visitant la catosfera, no et pensis que m'he oblidat, eiiiin?)

Ferran ha dit...

En això de radial no sé si estic molt d'acord amb tu, Albert. Aquest aeroport no el veig com un problema relacionat amb el model radial espanyol, que sense dubte existeix, sino com un problema relacionat amb l'estupidesa de construir una instal.lació com aquesta en un lloc pelat de la "Meseta", relativament a prop de l'aeroport de Barajas... Tot plegat faria riure, si no fos que certes decisions costen diners públics.

En aquest sentit, per això m'he referit en el post a l'aeroport de Lleida, Girona, Tarragona/Reus i Barcelona. NO ÉS NORMAL que un país petit com el nostre tingui QUATRE!! aeroports; senzillament, NO ÉS NORMAL.

** Faig un "aparte" per saludar l'amic Asimetrich, a qui em fa molta il.lusió tornar a "veure", després d'una "desaparició blocàire" de molts mesos :)

Miquel ha dit...

A on dius que és aquest aeroport? Ah, d'acord... no hase falta que me dises nada más.

Ferran ha dit...

Hehe... doncs això, Miquel.